Salle de presse du gouvernement de l'Ontario

Observations du ministre Peter Bethlenfalvy devant le Canadian Club

Discours

Observations du ministre Peter Bethlenfalvy devant le Canadian Club

La voie de l’équilibre : Protéger ce qui compte le plus

SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS

Aujourd'hui, je vais vous parler des défis dont notre gouvernement a hérité, et je vais partager avec vous une importante annonce au sujet de la méthode que nous comptons employer pour relever ces défis par la coopération et la consultation.

Vous avez déjà entendu cela et c'est vrai : l'Ontario n'a pas un problème de revenus. Nous avons hérité d'un problème de dépenses. Le gouvernement précédent n'a pas réussi à fixer de claires priorités fiscales et cette approche a compromis ce qui compte le plus.

La raison pour laquelle nous mettons l'accent sur la maîtrise des dépenses, l'équilibre du budget et le rétablissement de la durabilité du gouvernement, c'est parce que c'est la seule façon pour nous, pour notre province, de protéger :

  • nos hôpitaux
  • nos écoles
  • nos services publics
  • des quartiers plus sûrs
  • des rues plus sûres

Équilibrer le budget et rétablir la responsabilité de nos finances n'est pas seulement un impératif fiscal. C'est un impératif moral. Nous le devons à nos enfants et à nos petits-enfants — qui, pour le meilleur ou pour le pire, devront vivre avec les conséquences des décisions prises aujourd'hui par les gouvernements.

Mesdames et Messieurs, je suis ici aujourd'hui pour vous dire que — contrairement aux gouvernements précédents de l'Ontario — ou au gouvernement actuel à Ottawa — nous n'oublierons jamais que les véritables victimes des déficits et de l'endettement, ce sont nos enfants et nos petits-enfants. Et nous ne les abandonnerons pas.

Mais cela veut dire que nous devons avoir une conversation franche sur ce qui creuse véritablement le déficit.

Mon ami et collègue, le ministre Vic Fedeli, présentera, la semaine prochaine, le budget de notre gouvernement avec un cheminement pour l'équilibrer. Ce sera une journée importante dans l'histoire de l'Ontario. 

Mais, quand nous parlons de contrôler ou de gérer les dépenses, nous devons admettre que la rémunération du secteur public est un élément central de cette conversation.

Aujourd'hui, en tant que ministre responsable du Secrétariat du Conseil du Trésor, je supervise les relations de travail avec nos agents négociateurs du secteur public. En tant que président du Conseil du Trésor, je supervise toutes les dépenses du gouvernement et le processus de planification pluriannuelle, qui crée un fondement solide pour le budget.

Dans ces conditions, la convergence de la rémunération et de la capacité de payer ce qui importe le plus m'intéresse particulièrement.

En Ontario, la rémunération du secteur public représente environ la moitié de toutes les dépenses liées aux employés provinciaux, soit, au total, 72 milliards de dollars par année, pour plus d'un million de personnes dans de nombreux secteurs. C'est un domaine des politiques publiques que nous ne pouvons pas ignorer.

En 2009, tout le monde était en déficit. Aujourd'hui, des provinces comme la Colombie-Britannique, le Québec, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick, affichent ou projettent toutes des excédents. Pourquoi l'Ontario devrait-il continuer à faire exception?

Mesdames et Messieurs, la gestion budgétaire responsable est un travail sérieux et ses conséquences sont sérieuses.

Les décisions prises par le gouvernement comptent.

Si vous n'appréciez pas à sa juste valeur ce que vous avez ici, aujourd'hui, et si ceux qui nous représentent ne prennent pas de bonnes décisions, nos enfants hériteront d'une situation bien pire — nous ne pouvons pas nous contenter de leur en laisser l'entière responsabilité.

Comme vous le savez, à cause de décisions erronées et de dépenses irresponsables, l'Ontario était plongé dans un déficit de 15 milliards de dollars et a hérité de 338 milliards de dettes quand les libéraux de McGuinty-Wynne ont quitté le pouvoir. Ce sont neuf zéros qui suivent ces chiffres, c'est une somme d'argent ahurissante. Le ratio de la dette au PIB de la province est passé de 27 pour cent à plus de 40 pour cent pendant cette époque — un chiffre sans précédent dans l'histoire de l'Ontario.

À cause de la hausse des niveaux d'endettement, les paiements d'intérêts sur la dette de l'Ontario sont le quatrième poste budgétaire par ordre d'importance et le service de la dette nous coûte 1,4 million de dollars par heure. Cela fait plus de 30 millions de dollars par jour qui ne vont pas aux routes, aux hôpitaux, aux réseaux de transport en commun et aux services de première ligne. C'est de l'argent qui ne va pas à ce qui compte le plus.

Depuis 2003, la dette de l'Ontario a augmenté de près de 200 milliards de dollars. La question que nous devons tous nous poser est la suivante : qu'avons-nous reçu en échange de cet endettement supplémentaire de 200 milliards de dollars?

Votre vie s'est-elle améliorée à hauteur de 200 milliards de dollars? La réponse est non, et de loin.

Bien que les dépenses gouvernementales aient doublé sous le précédent gouvernement libéral, la qualité de vos soins de santé a-t-elle doublé?

L'expérience éducative de vos enfants est-elle deux fois meilleure?

Le réseau de transport en commun de cette province a-t-il doublé de taille?

L'économie fonctionne-t-elle à un niveau deux fois supérieur à celui de 2003?

Encore une fois, la réponse est claire. La réponse est non, et de loin.

Le moment est donc venu d'adopter une nouvelle approche, une approche qui place la population au cœur de chaque décision.  

J'ai déjà abordé le défi de notre génération. Pour résumer, nous n'avons pas su injecter l'argent des contribuables dans les programmes et services qui comptent le plus, tout en continuant de moderniser l'administration ontarienne.

Six mois se sont écoulés depuis ce discours, et en tant que président du Conseil du Trésor, après avoir rencontré les parties prenantes et examiné chaque dollar investi par la province, je me rends compte que ce n'était que la pointe de l'iceberg.

En plus de protéger ce qui compte le plus, nous devons également nous préoccuper de l'iniquité entre les générations et de faire tout en notre pouvoir pour atténuer les futurs chocs financiers et économiques. Ce n'est pas l'idéologie qui parle. C'est une question de prudence, d'équité et de responsabilité.

L'une des premières décisions de notre gouvernement a été d'annoncer la création d'une Commission d'enquête indépendante sur les finances, chargée d'étudier les pratiques budgétaires du gouvernement précédent, parallèlement à un examen externe et ligne par ligne de l'ensemble des dépenses gouvernementales, mené par EY Canada.

Des données qui en disent long ont été fournies par ces rapports. Premièrement, nous avons appris que, si les dépenses avaient augmenté au même taux que la croissance démographique, les dépenses de 2017-2018 auraient été inférieures de 330 milliards de dollars sur 15 ans.

Vous avez bien entendu, un sens élémentaire de la prudence budgétaire aurait pu éliminer virtuellement toute la dette provinciale.

Nous avons la chance, dans cette province, de disposer d'abondantes ressources naturelles et économiques.

Et pourtant, notre province est aujourd'hui l'administration infranationale la plus endettée au monde.

Chez nous, ici, en Ontario.

Autrement dit, cela met en danger notre autonomie et notre liberté.

Mais retournons au point central de mes observations, ici, aujourd'hui, à savoir la gestion des dépenses et le rôle des rémunérations.

Permettez-moi d'être clair, nos travailleurs du secteur public méritent leur généreuse rémunération. Leur travail acharné, leur dévouement et leur diligence m'impressionnent tous les jours. Mais nous devons être francs au sujet de ce que nous avons raisonnablement les moyens de payer, tout en assurant la durabilité des programmes et des services gouvernementaux.

La semaine dernière, j'ai présenté la divulgation des traitements dans le secteur public en 2018, plus connue sous le nom de liste des fonctionnaires gagnant plus de 100 000 dollars.

Rien qu'en 2018, le nombre total d'employés gagnant plus de 100 000 dollars a augmenté de plus de 20 000 personnes. Depuis 2003, cette liste a augmenté de plus de 600 pour cent et compte maintenant plus de 150 000 personnes.

En fait, si vous viviez en Ontario il y a 15 ans, et si vous ne travailliez pas dans le secteur public, votre salaire, en moyenne, serait inférieur de 30 pour cent à celui de l'employé moyen du secteur public de l'Ontario.

Aujourd'hui, cet écart demeure le même.

Il n'est donc pas étonnant que même le directeur parlementaire du budget du Canada a indiqué que les politiques budgétaires actuelles de l'Ontario ne sont tout simplement pas viables à long terme.

J'en parle tous les jours dans mon travail de président du Conseil du Trésor. Je parle tellement de chiffres que, quand des gens ont du mal à prononcer mon nom de famille, ils m'appellent simplement « le gars des chiffres ».

Et je peux vous dire ces chiffres donnent tout autant à réfléchir quand on en parle maintenant que quand j'ai commencé à en parler, en 2009, quand je travaillais à DBRS. Mais les choses commencent à s'améliorer, parce que nous avons un plan. Et c'est un plan pour la population.

Notre plan est un plan de modernisation, qui trouve des efficiences et qui protège les programmes et les services. 

Huit mois après notre élection, nous avons réduit le déficit de 1,5 milliard de dollars en le faisant passer à 13,5 milliards de dollars et nous ne nous en tiendrons pas là.

L'été dernier, notre gouvernement a reçu les commentaires de la population grâce au processus de consultation exhaustif, Planifions pour la prospérité, qui est à l'origine de plus de 26 000 idées de changement.

En qualité de président du Conseil du Trésor, c'est avec fierté que je me tiens devant vous, aujourd'hui, pour vous dire que notre gouvernement continue à écouter la population de l'Ontario et que nous tenons les engagements que nous avons pris pendant notre campagne. Voici ce que nous avons fait jusqu'à présent.

  • Nous avons centralisé l'approvisionnement dans la fonction publique, ce qui fera économiser à la population 1 milliard de dollars en 5 années seulement, selon les projections.
  • Le mois dernier, nous avons réformé le réseau d'électricité afin d'en accroître l'efficacité et de réduire les coûts et les tarifs d'électricité pour les moyennes et grandes entreprises, afin qu'elles puissent continuer de prospérer et de créer des emplois.
  • Nous avons promis de créer et de protéger des emplois mieux rémunérés, notamment ces métiers spécialisés, « les emplois de cols blancs de l'avenir ». De plus, nous faisons revenir des emplois de qualité en Ontario en réduisant les formalités administratives. En fait, notre gouvernement travaille d'arrache-pied à réduire les formalités administratives de 25 pour cent d'ici à l'année 2020.
  • Nous avons promis d'éliminer la médecine de couloir. À ce sujet, je veux signaler que la ministre de la Santé, Christine Elliot, a annoncé que notre gouvernement a déjà affecté plus de 7 000 lits de soins de longue durée, en tenant ainsi près de la moitié de notre promesse de création de 15 000 nouvelles places de soins de longue durée sur 5 ans. 
  • Plus récemment, la ministre a déposé un plan de modernisation pour corriger le système de santé public en le focalisant sur les patients et leurs familles de façon à mieux répondre à leurs besoins.
  • Nous avons mis en œuvre un gel de l'embauche — sauf pour les services de première ligne essentiels — ainsi que le gel des dépenses discrétionnaires, et des restrictions des dépenses liées aux déplacements, aux repas et à l'accueil.
  • Nous avons suspendu tous les rajustements de rémunération en attente pour tous les cadres du secteur public, pendant qu'un examen complet est en cours.
  • Enfin, en décembre, nous avons créé le comité de vérification et de responsabilisation. C'est un nouveau sous-comité du Conseil du Trésor qui supervisera les services de vérification interne et qui assurera davantage de vigilance et de rigueur dans notre processus financier.
Comme vous le voyez, nous avons été très occupés. Au bout du compte, nous continuerons à prendre des mesures comme celles-ci, qui rendront les finances de la province viables maintenant et pour les années à venir.

Cela fait presque un an que nous avons été élus et nous mettons en pratique tout ce que nous avons appris en 2018. Nous modernisons les programmes et les services, nous décloisonnons le gouvernement et nous sommes stratégiques pour utiliser chaque dollar des contribuables.

C'est pourquoi j'annonce aujourd'hui que ce printemps, le gouvernement pour la population lancera une nouvelle série de consultations auprès des agents négociateurs du secteur public. L'objectif : savoir comment gérer l'augmentation de la rémunération de manière à aboutir à des règlements salariaux modestes, raisonnables et surtout, viables.

Nous souhaitons instaurer un dialogue. Les commentaires reçus à la suite des rencontres avec les employeurs et les agents négociateurs du secteur public provincial serviront directement à établir une marche à suivre pour gérer l'augmentation de manière responsable.

Il pourrait par exemple s'agir :

  • d'accords volontaires pour que les salaires soient inférieurs à la courbe actuelle;
  • de compromis réduisant les dépenses de rémunération;
  • de mesures législatives.

Et ce ne sont que des exemples. Nous espérons que les consultations seront engagées et collaboratives. Toutes les avenues seront envisagées.

Aujourd'hui, les agents négociateurs et les employeurs recevront des invitations détaillées comprenant les questions que nous voulons aborder pendant les consultations.

Je suis convaincu qu'ensemble, nous pouvons faire en sorte que chaque denier public soit investi de façon équitable et durable.

Notre gouvernement continuera de soulager les familles et d'accorder la priorité aux gens en tirant parti du savoir collectif et des idées de nos partenaires de la prestation de services. Nous savons que les programmes et les services ont été mis en danger quand on a laissé le déficit échapper à tout contrôle. Cela nous cause du tort à tous et met en péril les plus vulnérables d'entre nous.

Tout comme nous avons commencé par le « pourquoi », je souhaite également conclure par le « pourquoi ». Le défi auquel notre génération est confrontée, c'est celui d'effectuer des choix qui protègent ce qui compte le plus, comme les programmes et les services de première ligne, tout en luttant contre l'iniquité entre les générations et en faisant face aux futurs chocs financiers.

Mesdames et Messieurs, c'est un « moment de redressement de la province » qui, si on le réussit, rendra l'Ontario plus durable pour cette génération et pour les futures générations.

Mais, cela exigera de nous tous... de travailler ensemble... pour nous assurer, à tout moment, de maintenir « la population » au cœur de chaque décision.

Après tout, la gestion correcte des finances publiques n'est pas seulement un impératif fiscal. C'est un impératif moral. 

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